La chatte imprudente

Origine de la collecte : Maroc
Illustration : Hamid Diani

Son maître étant allé chercher de la nourriture, une chatte restée seule s'ennuie. Pour faire part de son mécontentement elle renverse la nourriture présente dans la cabane. Son maître en colère lui coupe la queue. La chatte va faire son possible pour la récupérer et ainsi comprendre la difficulté de trouver de la nourriture.

 

Auteur : Tarik Hbid

Écouter le conte en français dit par Ahmed Bouzzine

Écouter le conte en arabe marocain dit par Mustapha Ghanim

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Le texte du conte

Il était une fois un jeune homme du nom d’Hamidi qui habitait une toute petite cabane dans un village, très haut perché dans la montagne. Il vivait seul et sa seule compagnie était une jolie petite chatte. Dès que le soleil se levait, il se rendait dans la grande forêt et là il cherchait de quoi vivoter mais surtout de quoi nourrir la petite chatte. Il ne revenait qu’une fois le soleil couché. La chatte enfermée toute la journée trouvait le temps long et l’ennui commençait à la gagner. Il n’y avait plus depuis longtemps une souris, un scarabée, ou une mouche à chasser. Ce jour-là elle trouva un autre jeu. Elle monta sur la table et avec sa patte fit tomber l’assiette où il y avait le repas de son maitre, elle renversa la jarre de lait de son maitre et se régala avec ce qu’elle avait renversé. Puis satisfaite, se lécha les babines, les pattes et attendit son maitre.

Ce jour-là, Hamidi rentra de la forêt et dans sa musette il n’avait rien à se mettre sous la dent. Mais se disait-t-il, j’ai un petit repas qui m’attend chez moi.
Quand il ouvrit la porte, qu’il vit toute sa vaisselle cassée et son repas par terre, il fut pris d’une terrible colère.
- Maudit chat ! Je me fatigue pour te trouver à manger et toi tu souilles ma seule nourriture de la journée ! Tu vas voir ce que tu vas voir.
Il attrapa la chatte, se saisit d’un petit couteau et là… couic ! D’un petit coup il lui coupa le bout de la queue et l’accrocha sur un mur. Et toujours furieux il lui dit :
- Tu peux pleurer jour et nuit, verser un lac de larmes ! Je ne te rendrai ta queue que si tu remplis de nouveau ma jarre de lait.

Dès le lendemain la chatte se réveilla tôt et se mit en chemin. Elle traversa la grande forêt, arriva dans une grande prairie et vit une vache, elle lui chanta :
- La vache, la vache, la vache, donne-moi du bon lait, pour remplir la jarre que j’ai, la jarre que j’ai renversée, et récupérer ma queue, que mon maitre a coupée.
- Je veux bien t’aider !, lui dit la vache mais moi pour donner du lait, il me faut de l’herbe !

Elle courut trouver une prairie.
- Prairie, prairie, prairie donne-moi de l’herbe, que je donnerai à la vache, qui me donnera du bon lait, pour remplir la jarre que j’ai, la jarre que j’ai renversée, et récupérer ma queue que mon maitre a coupée.
- Je suis toute assoiffée, toute desséchée, trouve moi de l’eau et je donnerai de la bonne herbe.

La chatte trouva un petit ruisseau et lui chanta :
- Ruisseau, ruisseau, ruisseau donne moi de la bonne eau, que je donnerai à la prairie, qui me donnera de l’herbe, que je donnerai à la vache, qui me donnera du bon lait, pour remplir la jarre que j’ai, la jarre que j’ai renversée, et récupérer ma queue, que mon maitre a coupée.
- Je ne suis qu’un petit ruisseau, il faudrait que la grande rivière me donne un peu de son eau.

La chatte trouva la rivière et lui chanta :
- Rivière, rivière, rivière donne-moi de ton eau, que je donnerai au ruisseau, qui me donnera de l’eau, que je donnerai à la prairie, qui me donnera de l’herbe, que je donnerai à la vache, qui me donnera du bon lait, pour remplir la jarre que j’ai, la jarre que j’ai renversée, et récupérer ma queue, que mon maitre a coupée.
- Le ciel ne donnera plus de pluie et la rosée du matin n’y suffira pas, je ne suis qu’un mince filet qui coule dans son lit. Seule la montagne pourrait m’offrir un peu de neige.

La petite chatte grimpa, grimpa, jusqu’au sommet tout blanc de la montagne. Elle avait si froid et de sa petite voix elle susurra :
- Montagne, montagne, montagne, donne-moi un peu de neige, que je donnerai à la rivière, qui me donnera de son eau, que je donnerai au ruisseau, qui me donnera de l’eau, que je donnerai à la prairie, qui me donnera de l’herbe, que je donnerai à la vache, qui me donnera du bon lait, pour remplir la jarre que j’ai, la jarre que j’ai renversée, et récupérer ma queue, que mon maitre a coupée.
- Je suis désolée,
lui dit la montagne, je dois garder ma glace jusqu’à l’été, descend et attend que le soleil soit ardent.

La chatte descendit, le cœur gros. Voilà… se dit-elle. Ma grosse bêtise a de graves conséquences : je suis une chatte sans queue, qui n’ose plus se montrer, de peur d’être moquée. J’ai faim ! Hamidi mon maitre a eu raison d’être furieux ! Ça fait mal d’avoir faim. La prochaine fois j’y regarderai à deux fois avant de faire des bêtises.

La chatte était très triste. Elle s’allongea, s’enroulant sur elle-même et attendit que la montagne daigne laisser fondre la neige.

Les semaines passèrent, les lunes passèrent, les saisons passèrent. Un beau matin la chatte entendit le doux bruit de l’eau, la neige était en train de fondre, elle remercia la montagne. La rivière se remplit et donna de l’eau au ruisseau qui irrigua la prairie pour donner de l’herbe tendre à la vache qui, satisfaite, donna du bon lait. Enfin ! La chatte remplit la jarre qu’elle avait renversée.

Elle revint chez son maitre Hamidi. Il était heureux de revoir sa compagne. Elle sauta dans ses bras et ronronna. Hamidi la serra contre son cœur et lui recolla la queue.

Devant sa porte il trouva la jarre pleine de lait. Et la vie redevint comme avant.

Mon conte est parti, le vent l’a emmené, un jour il reviendra.

Le pays présenté ci-dessous correspond au pays où le conte a été enregistré et ne prétend pas donner d'origine unique au conte.

Les contes n'existent pas dans ce seul et unique pays. D'une version à une autre, d'un conteur à un autre, les contes circulent entre les pays et ne s'arrêtent heureusement pas aux frontières !

Le Maroc

(Royaume du Maroc)

Population : Les marocains et les marocaines. Plus de 30 millions d’habitants.

Langues : L’arabe et l’amazigh sont les deux langues officielles du Maroc. La langue maternelle des marocains est soit l’arabe dialectal ou la darija, soit la langue amazighe. Le français est parlé par une partie de la population, principalement dans les villes et dans les milieux instruits. L’espagnol est encore un peu parlé au nord du Maroc, plutôt par des personnes âgées. L’anglais prend peu à peu sa place en raison de son statut au niveau international.

Situation géographique : Le Maroc est un pays du Maghreb qui se trouve en Afrique du nord. Il est délimité à l’ouest par l’océan Atlantique, au nord par la mer Méditerranée, à l’est par l’Algérie et au sud par la Mauritanie.

Superficie : 450 000 km² (et 710 000 km² en comptant le territoire discuté du Sarah Occidental)

Climat : Le climat au Maroc est méditerranéen au nord, atlantique à l’ouest et saharien au sud.

Capitale : Rabat

Hymne national : Hymne chérifien

Devise nationale : Dieu, la Patrie, le Roi

Monnaie : Le dirham marocain

IDH (Indice de développement humain) : 0,567, IDH moyen (chiffres 2010)

Indépendance : 2 mars 1956

Pour en savoir plus : Article « Maroc » du Larousse :
http://www.larousse.fr/encyclopedie/pays/Maroc/132004

Drapeau: 
Drapeau du Maroc

Nous avons choisi d'enregistrer le conte dans une ou deux langues parlées dans le pays de collecte.

Les langues citées ci-dessous ne sont pas représentatives de l'ensemble des langues parlées dans ce pays. Il s'agit des langues dans lesquelles le conte a été enregistré. Si vous souhaitez découvrir les autres langues parlées dans le pays de collecte du conte, consultez l'onglet "Le pays".

L'arabe

Famille de langues : L’arabe est une langue sémitique de la famille des langues Afro-asiatiques.

Pour en savoir plus sur la famille des langues afro-asiatiques, (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/famille-des-langues-afro-asiatiques

Nombre de locuteurs : plus de 200 millions de locuteurs.

Pays : L’arabe est la langue officielle de plus d’une vingtaine d’Etats, essentiellement en Afrique et en Asie.

Expansion : A partir du VIIe siècle, l’arabe connait une très forte expansion grâce à la propagation de l’Islam, la diffusion du Coran et la puissance militaire des Arabes.

Les formes principales : l’arabe dialectal et l’arabe classique. Les deux formes d’arabe sont fortement liées historiquement et idéologiquement.

  • L’arabe classique (aussi appelé arabe éloquent, arabe grammatical, arabe littéraire ou arabe du Coran) est une langue associée à la religion et à l’écrit. Prestigieuse elle est associée à la culture littéraire, à la science, à la technologie et à l’administration.
  • L’arabe dialectal et l’amazigh sont les langues parlées, utilisées dans la vie courante et véhiculent une culture populaire traditionnelle et contemporaine. L’arabe dialectal est le fruit de la fusion de l’arabe du VIIe siècle avec des parlers provenant des conquêtes militaires ainsi que des brassages de population des langues sud-arabiques, berbères, africaines, etc. Ces variétés dialectales sont extrêmement nombreuses et persistent dans le monde arabe à tel point que la compréhension devient quelques fois difficile. Ceci est surtout vrai pour l’arabe dialectal des pays du Maghreb et de la Méditerranée par rapport à celui du Proche-Orient.
  • L’arabe dialectal du Maghreb : Le parler algérien, marocain et tunisien, est un dialecte composé d’arabe et de l’amazigh (ou berbère). Malgré les nuances, ces trois pays se comprennent entre eux. Si l’arabe s’est imposé, le berbère se parle couramment dans les trois pays et demeure une langue vivante. Tout comme les langues ont essaimé entre elles, les récits qu’elles véhiculent sont les mêmes. En tendant l’oreille on reconnait des mots arabes dans le berbère tout comme on reconnait des mots berbères dans l’arabe ! On parle alors de personnes arabophones et berbérophones.

Le français

Famille de langues : Le français est une langue romane de la famille des langues indo-européennes.

Pour en savoir plus sur la famille des langues indo-européennes, (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/famille-des-langues-indo-europeennes

Nombre de locuteurs : 200 millions de locuteurs.

Pays : Le français est la langue officielle de la France et de nombreux autres pays : en Afrique et en Océanie mais aussi aux Antilles et aux Etats-Unis.

Origine : Le français est issu des formes orales et populaires du latin, il est aussi influencé par le Gaulois et par le Francique des Francs. Le français provient de la langue d’oïl, langue parlée dans la moitié nord de la France au Moyen Âge et langue dominante de la littérature entre le XIVe siècle et le XVIe siècle.

Expansion : Le français s’est répandu proportionnellement aux progrès de l’administration et de la justice royale en France. Le français et sa structure grammaticale s’est cristallisé au XVIIe siècle autour du dialecte de l’Ile de France et ce au détriment les autres parlers régionaux.

Qu’est-ce que la francophonie ? Apparu à la fin du XIXe siècle, le terme « francophonie » désigne l’ensemble des personnes et des pays utilisant le français. Un pays francophone est un pays qui utilise entièrement ou partiellement le français.

Ahmed Bouzzine

conteur marocain

Ahmed BouzzineAhmed Bouzzine est né dans la tribu berbère des Aît (Maroc). Ce conteur et musicien se situe à la lisière du monde touareg : son travail se nourrit des mythes d’Afrique du Nord que lui transmirent mère et grand-père, puisant aussi dans les folklores de Mauritanie et d’Arabie, dans les youyous et le vent des sables. Il commence sa carrière dans les années 1980 et participe aujourd’hui à la renaissance de l’art du conte francophone.

Mustapha Ghanim

conteur marocain

Mustapha GhanimEnseignant en école primaire à Beni Mellal (Maroc), Mustapha Ghanim fréquente depuis 20 ans le milieu du théâtre en tant qu'acteur, professeur, auteur et metteur en scène. Il est directeur artistique de la troupe théâtrale Abou El Haytam à Beni Mellal. Il réalise régulièrement des performances en tant que conteur et animateur pour les enfants, mais c'est pour Conte-moi qu'il enregistre pour la première fois.

Tarik Hbid

auteur marocain

Tarik Hbid, Docteur de l'Université Toulouse III, Directeur du Centre de Recherches appliquées et de Formations Spécialisées, acteur associatif, co-fondateur de l'association OCADD, a travaillé dans plusieurs domaines scientifiques et techniques et s'intéresse particulièrement aux questions de développement durable.

Commentaires

Pauvre pauvre chatte

Pauvre pauvre chatte

Comprendre la difficulté de trouver de la nourriture

Sans doute peut-on comprendre ce conte comme une "belle histoire pour éduquer les enfants"... Probablement aussi peut-il être perçu comme un de ces jeux d'oralité du type "randonnées", comme tant d'autres contes de cet acabit

Très belle histoire pour

Très belle histoire pour éduquer les enfants

super!!!

c'est super mais un peu repetitif mais sinon super!!!

Es una tonteria

Es una tonteria

Quel beau conte!

Quel beau conte!

Trés belle histoire

Trés belle histoire

Magnifique

Magnifique

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