La petite colombe

Origine de la collecte : Roms
Illustration : Jangil
Le fils du roi tombe amoureux d'une magnifique jeune Tsigane. Mais une méchante sorcière la transforme en colombe tout en se faisant passer pour elle...

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Le texte du conte

Ce matin-là, le fils du roi se promenait sur son beau cheval blanc. Alors qu'il s'approchait d'un ruisseau, il vit une jeune fille qui dormait au bord de l'eau. Comme elle était belle ! Le prince en tomba aussitôt amoureux. Il descendit de son cheval et s'approcha pour lui donner un baiser. La jeune fille se réveilla, effrayée, mais le prince la prit dans ses bras et lui déclara son amour. Il lui dit qu'il voulait l'épouser. Quand la jeune fille vit le prince, qui était très beau lui aussi, son cœur se mit à battre très fort et elle accepta.

« Mais, comment pourrais-je t'épouser ? dit la jeune fille. Je ne suis qu'une pauvre Tsigane. Vois, mes habits sont misérables et je n'ai même pas de chaussures.

- Je vais retourner tout de suite au château, dit le prince, pour te rapporter la plus belle robe qui soit, ainsi que des souliers en or et des beaux bijoux. Après je te présenterai à mes parents et nous nous marierons. Reste là en attendant. Je ne serai pas long. »

Le prince s’éloigna et la jeune fille resta assise au bord du ruisseau. Quelques temps plus tard, elle entendit du bruit. Ne sachant qui cela pouvait être, elle grimpa vite dans un arbre pour observer sans être vue. Elle vit alors arriver une vieille femme très laide et dont les vêtements étaient tout en désordre. Quand la vieille s’agenouilla au bord de l'eau, quel ne fut pas son étonnement en voyant le reflet d’une jeune et jolie fille !

« Voilà que je rajeunis et que je deviens belle ! », s’exclama-t-elle, ne sachant pas qu’il s’agissait du reflet de la jeune fille perchée dans l’arbre. La jeune fille ne put s’empêcher de pouffer de rire et la vieille femme comprit aussitôt sa méprise.

« Descends donc ! vilaine. N’as-tu pas honte de te moquer ainsi d’une pauvre vieille femme ? »

La jeune fille descendit et s’excusa auprès de la vieille. Elle lui dit pourquoi elle s’était cachée et lui raconta l’histoire qui lui était arrivée le matin même.

« Alors, comme ça, le beau prince va venir te chercher ! dit la vieille, à moitié morte de jalousie. Laisse-moi donc peigner un peu tes cheveux en l’attendant. »

Mais la vieille, au lieu de la coiffer, tira de ses haillons une épingle qu’elle lui planta dans la tête. Et aussitôt, la pauvre fut transformée en colombe, qui, effrayée, s’envola au loin.

Lorsque le prince revint avec les beaux habits, il trouva à la place de son adorable fiancée, la vieille et laide femme. Celle-ci se jeta dans ses bras, lui disant qu'une sorcière l'avait transformée, mais qu'elle retrouverait son apparence dès qu'ils seraient mariés.

Le prince emmena la vieille au château. Là, il la para des plus beaux habits, puis il la présenta à ses parents. Ces derniers furent très surpris, mais il insista tant que le mariage se fit.

Cependant, les jours passaient et son épouse restait toujours aussi vieille et aussi laide. Le prince se désespérait et il devenait de plus en plus triste.

Un jour, le jardinier du roi remarqua une jolie colombe qui venait souvent voleter et picorer dans le jardin. Il s’en empara et alla l'offrir au prince. A partir de ce jour, on ne vit plus le prince sans l’oiseau, ni l’oiseau sans le prince. Ils se promenaient ensemble et le jeune homme lui confiait ses secrets, sa peine et sa tristesse. Curieusement, l’oiseau semblait l’écouter, et même le comprendre.

Mais la vieille, qui bien sûr, avait reconnu la jeune fille, décida de s’en débarrasser. D’autant plus que, si la colombe venait souvent picorer dans l’assiette du prince, elle ne se gênait pas pour faire des crottes dans l’assiette de la vieille. La vieille dit au prince que la colombe était la sorcière qui l'avait envoûtée et qu'il fallait absolument qu'elle meure car c'était pour elle le seul moyen de retrouver son apparence d'avant.

Le prince, au désespoir, décida qu’il devait tuer la colombe. Il l’emmena dans un coin reculé du jardin pour accomplir sa triste besogne. Comme il caressait une dernière fois l’oiseau, il sentit dans son doux plumage quelque chose de dur qui ressemblait à une épingle. Il la retira et en un instant, la colombe se transforma et redevint la merveilleuse jeune fille que le prince avait rencontrée au bord du ruisseau. Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre, riant et pleurant tout à la fois.

Le prince et la belle jeune fille se marièrent dans la liesse générale, car les parents du prince et tous les sujets du royaume étaient ravis de voir que le prince avait retrouvé le sourire. Ils vécurent tous heureux jusqu’à la fin de leur vie. Quant à la méchante sorcière, on l'enferma dans un sombre cachot et elle n’eut plus jamais l’occasion de faire de mal à personne.

Le pays présenté ci-dessous correspond au pays où le conte a été enregistré et ne prétend pas donner d'origine unique au conte.

Les contes n'existent pas dans ce seul et unique pays. D'une version à une autre, d'un conteur à un autre, les contes circulent entre les pays et ne s'arrêtent heureusement pas aux frontières !

Les Roms

Origine : Le mot « rom » est un terme générique. On pourra donc lire « Tsiganes » pour désigner les Roms, ou encore « gens du voyage, Gitans, Bohémiens, Manouches ». « Rom » signifie « Homme » en romani et est utilisé par les Roms eux-mêmes. Il a été adopté en 1971 par des associations d’Europe de l’Est, notamment l’Union romani internationale pour remplacer celui de « Tsigane », considéré comme péjoratif. Les Roms sont originaires d’Inde, et sont présents en Europe, mais également en Amérique, en Iran, et en Australie. En France, ils seraient plus de 20000 individus.

Population :Les Roms sont divisés en trois familles :
- Les Kalé, aussi appelés « Gitans », vivent essentiellement dans la péninsule ibérique et l’Amérique latine, et parlent le caló, mélange de romani et de catalan. Ils représentent environ 10% des Roms.
- Les Romanichels, eux, peuplent l'Europe orientale et centrale (Roumanie, Bulgarie...).
- Les Sinté, enfin, peuplent l'Europe occidentale (France, Italie, Allemagne...). En France, ils sont appelés « Manouches ». Tout comme les Romanichels, ils parlent le romani et les langues des pays où ils résident. Ils représentent 4% des Roms.
La population mondiale des Roms est quant à elle estimée de 5,8 à 13 millions d’habitants, répartis principalement en Europe.

Situation géographique : Les Roms ne vivent pas dans un pays en particulier. Ils ont commencé à migrer en Europe au début du XVe siècle, et représentent aujourd’hui la plus grosse minorité ethnique d'Europe, avec une population variant de 10 à 12 millions d’individus. L'Espagne est le pays de l'Europe de l'Ouest qui accueille la plus grosse communauté de Roms. C'est aussi l'un des rares à lui avoir donné le statut de minorité nationale. Il y aurait également plus d’un million de Roms aux Etats-Unis, et entre 30 000 et 50 000 au Canada, la plupart à Toronto, mais aucun au Québec.

Famille de langues : Le romani est une langue indo-européenne de la branche indo-iranienne. Dérivée de parlers populaires proches du sanskrit, elle possède de nombreux éléments de base en commun avec le Hindi et les langues du nord de l’Inde, comme le Rajasthani. Cependant, le mouvement migratoire des Roms a produit de nombreuses variantes régionales, influencées par les diverses langues environnantes.

Langues : Le romani se divise en trois grands groupes :
- la « branche atlantique », aujourd'hui réduite à quelques dizaines de mots utilisés par les Kalé et les Romanichels,
- les parlers sinto-manouches, plus proches du « romani commun », avec des emprunts importants aux langues germaniques et baltes,
- enfin, le troisième groupe, dont la forme la plus connue est le kelderàri, s'est formé à partir des parlers sinto-manouches et d’emprunts au roumain, à d'autres langues des Balkans, et aux langues slaves.

Il existe également des dialectes mixtes, regroupés sous l'appellation de « pararomani », qui ne sont pas d'origine romani, mais comportent un nombre important d'apports romanis : c'est le cas de l'anglo-romani (Royaume-Uni), du scandoromani (Suède et Norvège), du caló (Espagne, Portugal, Amérique latine), du sinto italien, du manouche (Allemagne), etc.

Source :
http://www.academia.edu/2320894/R%C3%A9alit%C3%A9s_tsiganes_m%C3%A9connaissance_et_d%C3%A9sint%C3%A9r%C3%AAt_en_Am%C3%A9rique_du_Nord

Drapeau: 
Drapeau rom

Nous avons choisi d'enregistrer le conte dans une ou deux langues parlées dans le pays de collecte.

Les langues citées ci-dessous ne sont pas représentatives de l'ensemble des langues parlées dans ce pays. Il s'agit des langues dans lesquelles le conte a été enregistré. Si vous souhaitez découvrir les autres langues parlées dans le pays de collecte du conte, consultez l'onglet "Le pays".

Le français

Famille de langues : Le français est une langue romane de la famille des langues indo-européennes.

Pour en savoir plus sur la famille des langues indo-européennes, (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/famille-des-langues-indo-europeennes

Nombre de locuteurs : 200 millions de locuteurs.

Pays : Le français est la langue officielle de la France et de nombreux autres pays : en Afrique et en Océanie mais aussi aux Antilles et aux Etats-Unis.

Origine : Le français est issu des formes orales et populaires du latin, il est aussi influencé par le Gaulois et par le Francique des Francs. Le français provient de la langue d’oïl, langue parlée dans la moitié nord de la France au Moyen Âge et langue dominante de la littérature entre le XIVe siècle et le XVIe siècle.

Expansion : Le français s’est répandu proportionnellement aux progrès de l’administration et de la justice royale en France. Le français et sa structure grammaticale s’est cristallisé au XVIIe siècle autour du dialecte de l’Ile de France et ce au détriment les autres parlers régionaux.

Qu’est-ce que la francophonie ? Apparu à la fin du XIXe siècle, le terme « francophonie » désigne l’ensemble des personnes et des pays utilisant le français. Un pays francophone est un pays qui utilise entièrement ou partiellement le français.

Nouka Maximoff

Conteuse rom

Nouka Maximoff

Nouka tire ses contes de ses origines roms et de l'histoire de son peuple.

De son histoire familiale, de son enfance vécue entre nomadisme et sédentarité et de ses lectures, notamment les livres de son père, l'écrivain Matéo Maximoff, Nouka extrait une mémoire faite de paroles, d'imaginaire et de souvenirs divers.

Des souvenirs qui rejaillissent à travers des contes qu'elle prend plaisir à partager avec les enfants et les parents, dans les écoles, les bibliothèques, les centres culturels ou encore les festivals.

Commentaires

C'est super !

C'est ce qu'on appelle un conte.

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