Le loup et le hérisson

Origine de la collecte : Maroc
Illustration : Hamid Diani

Deux associés, le loup et le hérisson, travaillent la terre ensemble. Le hérisson ruse pour se faire dispenser des travaux et pour s'emparer de l'ensemble de la récolte.

 

Auteur : Aicha Ait Berri

Écouter le conte en français dit par Ahmed Bouzzine

Écouter le conte en arabe marocain dit par Mustapha Ghanim

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Le texte du conte

Cette histoire se passe il y a très longtemps, du temps où le chat jouait avec la souris et le soleil avec la lune.

En ce temps là, le loup et Boumghar le hérisson étaient de très bons amis. Ils avaient décidé de travailler la terre ensemble et de partager la récolte de ce champ au grain de blé près.

Un champ ce n’est pas grand pour un loup mais pour un hérisson c’est grand comme un océan.

Après le premier jour des labours, Boumghar, le plus malin de tous les animaux, était si harassé par ce travail qu’il se dit qu’il allait mourir épuisé.

De retour chez lui, fatigué, il réfléchit.
- Un loup, se dit-il, travaille sans fatigue au moins cent fois plus qu’un hérisson. Donc il va s’occuper tout seul de notre champ !
Et durant la nuit, le rusé hérisson réfléchit à un stratagème.
Le lendemain matin, il grimpa au sommet de la falaise qui surplombait leur champ. Là vivaient des perdrix. Il leur dit :
- Perdrix, perdrix, jolies perdrix, si vous me voyez danser, n’hésitez pas à jeter des pierres sur le loup ! Mais si vous me voyez contre la falaise, cessez aussitôt ! En échange je vous donnerai un sac plein de blé.

Une fois dans le champ, le hérisson se mit à danser et une pluie de cailloux s’abattit sur le loup. Il cria effrayé :
- Aïe, ouille, ouille, aïe, aïe, aïe! Nous allons tous mourir, il faut nous enfuir tout de suite ! La falaise nous tombe dessus et la terre va s’ouvrir !
Le hérisson s’arrêta de danser et les perdrix ne jetèrent plus aucun caillou.
- Arrête de claquer des dents Loup ! Ce n’est rien, je vais arranger ce problème. Tu ne me connais pas, grâce à ma force phénoménale, je vais soutenir cette falaise.
Abasourdi, le loup n’en croyait pas ses oreilles.
Le hérisson, malicieux, se cala contre la falaise et les cailloux cessèrent de rouler. Le loup, tout ébahi, n’en croyait pas ses yeux.
- Pendant que je la retiens, dépêche-toi de labourer notre terre !
Encore tout étonné, il mit toute son ardeur à retourner le champ. Quand il fut très fatigué, il demanda au hérisson de venir pousser la charrue. Suspicieux, il se disait que si un hérisson pouvait soutenir une falaise, pourquoi pas lui. Peut-être que son ami est un prétentieux.
- Pas de problème ! Je te laisse volontiers ma place car ce travail est vraiment très épuisant !, lui dit Boumghar.

Le loup prit la place du hérisson. Boumghar, derrière la charrue, se mit à danser. À peine le loup eut calé son dos contre la falaise qu’à nouveau une pluie de pierres s’abattit dans un fracas assourdissant.
- Allez le loup, pousse plus fort ! Plus fort encore !, hurla le hérisson dansant.
Le loup avait beau y mettre tout son cœur et toutes ses forces, cela ne changeait rien. Les chutes de pierres ne cessaient pas. Le loup, tout haletant et tout transpirant, se rendit à la raison. Il n’était pas aussi fort que Boumghar pour empêcher cette falaise de s’écrouler. Il préférait encore labourer. Il appela son ami à la rescousse.
- Reprends vite ta place, moi je ne m’occuperai plus que du champ ! Mais avant de reprendre le travail, révèle-moi le secret de ta force phénoménale.
- Ma force est un don de Dieu. Je suis sous la protection de tous les saints.
- Mais que faut-il que je fasse pour être comme toi ?
- Pour être comme moi, c’est très facile : tu dois toujours aider ton prochain ainsi que ceux qui sont dans le besoin.
- C’est tout ?
- Non. Tu dois avoir le cœur sur la main et garder les secrets que l’on te confie. As-tu compris maintenant ?
- Oui, oui ! dit le loup. J’ai enfin tout compris.
Mais il n’avait rien compris.
Et c’est ainsi que le loup retourna toute la terre. Il ratissa le champ, puis il sema le blé.
Et tous deux n’avaient plus qu’à attendre que la pluie passe et que le blé se mette à pousser.

Quand arriva le moment de partager la récolte, le rusé Boumghar se souvint de la promesse faite aux perdrix. Ce matin-là, il vint au rendez-vous avec un couffin qui semblait lourd. Il dit au loup qu’il désirait prendre la moitié de la récolte plus un sac, sous prétexte que son travail était bien plus épuisant et bien plus dangereux que celui du loup.
- Pas question !, lui dit le loup, nos tâches étaient équitables. J’ai bien travaillé notre champ et toi tu as empêché la falaise de s’écrouler. Voilà chacun sa spécialité.

Ils discutèrent, négocièrent âprement. Après moult tractations, Boumghar, fatigué, lui dit:
- D’accord, d’accord, on va faire moitié-moitié et partager équitablement. Scellons notre accord de cette manière. Tu répèteras ces paroles après moi et tu donneras un grand coup de pied dans ce couffin.
- Par le coup de pied dans le sac, je prends ma part tout en vrac.
- Par le coup de pied dans le sac, je prends ma part tout en vrac.
Joignant la parole au geste, le loup donna un grand coup de pieds dans le couffin. Aussitôt surgit un énorme chien qui bondit à ses trousses. Le loup ne demanda pas son reste et plus vite que son ombre, il disparut.

Boumghar le rusé profita de toute la récolte. Il n’oublia pas sa promesse. Il ramena un sac de blé aux perdrix.
Celles-ci l’ont picoré et mon histoire avec. Elle a fini dans un gosier !

Le pays présenté ci-dessous correspond au pays où le conte a été enregistré et ne prétend pas donner d'origine unique au conte.

Les contes n'existent pas dans ce seul et unique pays. D'une version à une autre, d'un conteur à un autre, les contes circulent entre les pays et ne s'arrêtent heureusement pas aux frontières !

Le Maroc

(Royaume du Maroc)

Population : Les marocains et les marocaines. Plus de 30 millions d’habitants.

Langues : L’arabe et l’amazigh sont les deux langues officielles du Maroc. La langue maternelle des marocains est soit l’arabe dialectal ou la darija, soit la langue amazighe. Le français est parlé par une partie de la population, principalement dans les villes et dans les milieux instruits. L’espagnol est encore un peu parlé au nord du Maroc, plutôt par des personnes âgées. L’anglais prend peu à peu sa place en raison de son statut au niveau international.

Situation géographique : Le Maroc est un pays du Maghreb qui se trouve en Afrique du nord. Il est délimité à l’ouest par l’océan Atlantique, au nord par la mer Méditerranée, à l’est par l’Algérie et au sud par la Mauritanie.

Superficie : 450 000 km² (et 710 000 km² en comptant le territoire discuté du Sarah Occidental)

Climat : Le climat au Maroc est méditerranéen au nord, atlantique à l’ouest et saharien au sud.

Capitale : Rabat

Hymne national : Hymne chérifien

Devise nationale : Dieu, la Patrie, le Roi

Monnaie : Le dirham marocain

IDH (Indice de développement humain) : 0,567, IDH moyen (chiffres 2010)

Indépendance : 2 mars 1956

Pour en savoir plus : Article « Maroc » du Larousse :
http://www.larousse.fr/encyclopedie/pays/Maroc/132004

Drapeau: 
Drapeau du Maroc

Nous avons choisi d'enregistrer le conte dans une ou deux langues parlées dans le pays de collecte.

Les langues citées ci-dessous ne sont pas représentatives de l'ensemble des langues parlées dans ce pays. Il s'agit des langues dans lesquelles le conte a été enregistré. Si vous souhaitez découvrir les autres langues parlées dans le pays de collecte du conte, consultez l'onglet "Le pays".

L'arabe

Famille de langues : L’arabe est une langue sémitique de la famille des langues Afro-asiatiques.

Pour en savoir plus sur la famille des langues afro-asiatiques, (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/famille-des-langues-afro-asiatiques

Nombre de locuteurs : plus de 200 millions de locuteurs.

Pays : L’arabe est la langue officielle de plus d’une vingtaine d’Etats, essentiellement en Afrique et en Asie.

Expansion : A partir du VIIe siècle, l’arabe connait une très forte expansion grâce à la propagation de l’Islam, la diffusion du Coran et la puissance militaire des Arabes.

Les formes principales : l’arabe dialectal et l’arabe classique. Les deux formes d’arabe sont fortement liées historiquement et idéologiquement.

  • L’arabe classique (aussi appelé arabe éloquent, arabe grammatical, arabe littéraire ou arabe du Coran) est une langue associée à la religion et à l’écrit. Prestigieuse elle est associée à la culture littéraire, à la science, à la technologie et à l’administration.
  • L’arabe dialectal et l’amazigh sont les langues parlées, utilisées dans la vie courante et véhiculent une culture populaire traditionnelle et contemporaine. L’arabe dialectal est le fruit de la fusion de l’arabe du VIIe siècle avec des parlers provenant des conquêtes militaires ainsi que des brassages de population des langues sud-arabiques, berbères, africaines, etc. Ces variétés dialectales sont extrêmement nombreuses et persistent dans le monde arabe à tel point que la compréhension devient quelques fois difficile. Ceci est surtout vrai pour l’arabe dialectal des pays du Maghreb et de la Méditerranée par rapport à celui du Proche-Orient.
  • L’arabe dialectal du Maghreb : Le parler algérien, marocain et tunisien, est un dialecte composé d’arabe et de l’amazigh (ou berbère). Malgré les nuances, ces trois pays se comprennent entre eux. Si l’arabe s’est imposé, le berbère se parle couramment dans les trois pays et demeure une langue vivante. Tout comme les langues ont essaimé entre elles, les récits qu’elles véhiculent sont les mêmes. En tendant l’oreille on reconnait des mots arabes dans le berbère tout comme on reconnait des mots berbères dans l’arabe ! On parle alors de personnes arabophones et berbérophones.

Le français

Famille de langues : Le français est une langue romane de la famille des langues indo-européennes.

Pour en savoir plus sur la famille des langues indo-européennes, (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/famille-des-langues-indo-europeennes

Nombre de locuteurs : 200 millions de locuteurs.

Pays : Le français est la langue officielle de la France et de nombreux autres pays : en Afrique et en Océanie mais aussi aux Antilles et aux Etats-Unis.

Origine : Le français est issu des formes orales et populaires du latin, il est aussi influencé par le Gaulois et par le Francique des Francs. Le français provient de la langue d’oïl, langue parlée dans la moitié nord de la France au Moyen Âge et langue dominante de la littérature entre le XIVe siècle et le XVIe siècle.

Expansion : Le français s’est répandu proportionnellement aux progrès de l’administration et de la justice royale en France. Le français et sa structure grammaticale s’est cristallisé au XVIIe siècle autour du dialecte de l’Ile de France et ce au détriment les autres parlers régionaux.

Qu’est-ce que la francophonie ? Apparu à la fin du XIXe siècle, le terme « francophonie » désigne l’ensemble des personnes et des pays utilisant le français. Un pays francophone est un pays qui utilise entièrement ou partiellement le français.

Ahmed Bouzzine

conteur marocain

Ahmed BouzzineAhmed Bouzzine est né dans la tribu berbère des Aît (Maroc). Ce conteur et musicien se situe à la lisière du monde touareg : son travail se nourrit des mythes d’Afrique du Nord que lui transmirent mère et grand-père, puisant aussi dans les folklores de Mauritanie et d’Arabie, dans les youyous et le vent des sables. Il commence sa carrière dans les années 1980 et participe aujourd’hui à la renaissance de l’art du conte francophone.

Mustapha Ghanim

conteur marocain

Mustapha GhanimEnseignant en école primaire à Beni Mellal (Maroc), Mustapha Ghanim fréquente depuis 20 ans le milieu du théâtre en tant qu'acteur, professeur, auteur et metteur en scène. Il est directeur artistique de la troupe théâtrale Abou El Haytam à Beni Mellal. Il réalise régulièrement des performances en tant que conteur et animateur pour les enfants, mais c'est pour Conte-moi qu'il enregistre pour la première fois.

Aicha Ait Berri

auteur marocaine

Aicha Ait Berri

Aicha Ait Berri est une autodidacte qui a débuté sa carrière en tant qu’institutrice pour atteindre le grade d’inspectrice principale de l’enseignement secondaire. Elle milite au sein d’associations pour la reconnaissance et la valorisation de la langue et la culture amazighes, pour les droits de l’Homme en général et ceux des femmes en particulier. Cofondatrice de l’association OCADD, elle est actuellement, vice présidente chargée de la recherche. Elle est aussi présidente de l’association des femmes de la montagne. Bien des articles parus dans les journaux locaux et nationaux, des poèmes reflètent bien cet engagement. Par ailleurs, elle travaille pour la sauvegarde du patrimoine culturel en déperdition et prépare une thèse de doctorat sur la cérémonie de mariage et l’oralité chez les Ait Soukhmanes , tribus du Moyen Atlas.

Commentaires

Cette histoire est super, merci !

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