Le lion et le renard cordonnier

Origine de la collecte : Algérie
Illustration : Nora Aceval

Un vieux lion ne pouvait plus chasser à cause de ses pattes ankylosées. Après s’être moqué de lui, le renard lui proposa ses talents de cordonnier pour l’aider soi-disant à marcher.

Écouter le conte en français dit par Nora Aceval

Écouter le conte en arabe algérien dit par Mustapha Chaïb

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Le texte du conte

Il était une fois un vieux lion qui ne pouvait plus chasser car ses pattes ankylosées refusaient de le porter. Compère renard se mit en tête de se moquer de lui :
- Ô Monseigneur ! Tu devrais courir un peu pour te dégourdir les jambes.
- Insolent ! Il fut un temps où tu n’osais même pas rôder à distance de mes terres et te voilà maintenant me narguant parce que je suis vieux et que mes jambes me lâchent.
- Monseigneur ! Quelle méprise ! Je suis ton humble serviteur et je ne cherche qu’à t’aider.
- En quoi un misérable comme toi pourrait m’aider ?

Le renard, se maintenant à bonne distance, poursuivit :
- En te soulageant de tes douleurs. Le métier de cordonnier n’a pas de secret pour moi. Nous sommes cordonniers de père en fils ! Je vais te fabriquer des bottines en cuir afin que tu puisses marcher sans avoir mal aux pieds, et même chasser comme au temps de ta jeunesse !

À ces mots, le fauve redressa la tête et un frisson parcourut sa crinière.
- Voyons cela ! Allez ! au travail ! Et gare à toi si tu me racontes des histoires.

Sans plus tarder le renard se dirigea vers un monceau de terre où on venait d’enfouir le cadavre d’une vachette. Il y découpa quatre larges morceaux de peau encore fraîche et rejoignit le roi des animaux sans crainte, sûr de son affaire.
- Ô mon roi ! Tends tes pieds.

Le lion s’exécuta de bonne grâce à l’idée de retrouver une nouvelle jeunesse. Le renard s’appliqua délicatement et lui couvrit chaque patte d’un morceau de peau qu’il attacha d’un lacet en tige de palmiers nains. Sous l’effet de l’humidité, le lion éprouva une agréable sensation.

Le renard insista :
- Maintenant il ne te reste plus qu’à mettre tes pattes à sécher au soleil et tu pourras filer.

Le lion, confiant, suivit les consignes à la lettre, et patienta sous le soleil brûlant. Hélas, le cuir se rétrécit, se rétrécit… et durcit comme du bois mort ! La douleur arracha au lion de terribles rugissements. Aucun animal n’osa s’en approcher. Le renard, lui, fier de son exploit, parcourait le pays pour annoncer la nouvelle :
- Je suis le vengeur ! Le lion est sous la torture.

Seule la hase, madame lièvre, eut pitié et dit au lion :
- Monseigneur ! Promets-moi de ne pas me dévorer et j’atténuerai tes souffrances.
- Parole de roi. Tu auras même une récompense !

La hase s’activa du mieux qu’elle put en courant du point d’eau au roi des animaux. Elle remplissait son gosier et le déversait sur le cuir qui se dilatait. Elle libéra enfin les pattes du lion qui retrouvèrent quelque liberté de mouvement. L’animal, ingrat, loin de remercier madame lièvre qui s’était donnée tant de mal, leva sa lourde patte et la laissa retomber sur elle. Elle se débattit :
- Tu cherches à dévorer celle qui t’a sauvé ?
- Oui, c’est la providence qui t’envoie.

Et gloup ! Il l’engloutit si vite, qu’elle glissa rapidement et se retrouva expulsée par derrière. Ouf ! Elle se sauva sans demander son reste, tout en répétant : « Bonnes gens ! Craignez le mal qui vient de celui à qui vous avez fait du bien ! Bonnes gens… »

Le pays présenté ci-dessous correspond au pays où le conte a été enregistré et ne prétend pas donner d'origine unique au conte.

Les contes n'existent pas dans ce seul et unique pays. D'une version à une autre, d'un conteur à un autre, les contes circulent entre les pays et ne s'arrêtent heureusement pas aux frontières !

L'Algérie

(République démocratique et populaire d'Algérie)

Population : Les algériens et les algériennes. Plus de 35 millions d’habitants.

Langues : L’arabe classique est la langue officielle de l’Algérie. Bien que les statistiques sur des bases linguistiques soient interdites en Algérie, nous savons que l’arabe algérien (ou darja) est la langue utilisée par la majorité de la population, le français vient ensuite, et enfin le berbère, reconnu langue nationale depuis 2002. Depuis l’indépendance de l’Algérie, la politique linguistique favorise l’arabisation de la société algérienne.

Situation géographique : L’Algérie est un pays d'Afrique du Nord. A l’ouest : le Maroc et le Sahara occidental. Au nord : la Méditerranée. A l’est : la Tunisie et le Libye. Au sud-est : le Niger. Au sud : la Mauritanie et le Mali.

Superficie : 2 380 000 km²

Climat : Le climat de l’Algérie est méditerranéen au nord et désertique au sud.

Capitale : Alger

Hymne national : Kassaman

Devise nationale : Par le peuple et pour le peuple

Monnaie : Dinar algérien

IDH (Indice de développement humain) : 0,677, IDH élevé (chiffres 2010)

Indépendance : Décolonisation de la France le 5 juillet 1962

Pour en savoir plus : Article « Algérie » du Larousse :
http://www.larousse.fr/encyclopedie/pays/Alg%C3%A9rie/104806

Drapeau: 
Drapeau de l'Algérie

Nous avons choisi d'enregistrer le conte dans une ou deux langues parlées dans le pays de collecte.

Les langues citées ci-dessous ne sont pas représentatives de l'ensemble des langues parlées dans ce pays. Il s'agit des langues dans lesquelles le conte a été enregistré. Si vous souhaitez découvrir les autres langues parlées dans le pays de collecte du conte, consultez l'onglet "Le pays".

L'arabe

Famille de langues : L’arabe est une langue sémitique de la famille des langues Afro-asiatiques.

Pour en savoir plus sur la famille des langues afro-asiatiques, (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/famille-des-langues-afro-asiatiques

Nombre de locuteurs : plus de 200 millions de locuteurs.

Pays : L’arabe est la langue officielle de plus d’une vingtaine d’Etats, essentiellement en Afrique et en Asie.

Expansion : A partir du VIIe siècle, l’arabe connait une très forte expansion grâce à la propagation de l’Islam, la diffusion du Coran et la puissance militaire des Arabes.

Les formes principales : l’arabe dialectal et l’arabe classique. Les deux formes d’arabe sont fortement liées historiquement et idéologiquement.

  • L’arabe classique (aussi appelé arabe éloquent, arabe grammatical, arabe littéraire ou arabe du Coran) est une langue associée à la religion et à l’écrit. Prestigieuse elle est associée à la culture littéraire, à la science, à la technologie et à l’administration.
  • L’arabe dialectal et l’amazigh sont les langues parlées, utilisées dans la vie courante et véhiculent une culture populaire traditionnelle et contemporaine. L’arabe dialectal est le fruit de la fusion de l’arabe du VIIe siècle avec des parlers provenant des conquêtes militaires ainsi que des brassages de population des langues sud-arabiques, berbères, africaines, etc. Ces variétés dialectales sont extrêmement nombreuses et persistent dans le monde arabe à tel point que la compréhension devient quelques fois difficile. Ceci est surtout vrai pour l’arabe dialectal des pays du Maghreb et de la Méditerranée par rapport à celui du Proche-Orient.
  • L’arabe dialectal du Maghreb : Le parler algérien, marocain et tunisien, est un dialecte composé d’arabe et de l’amazigh (ou berbère). Malgré les nuances, ces trois pays se comprennent entre eux. Si l’arabe s’est imposé, le berbère se parle couramment dans les trois pays et demeure une langue vivante. Tout comme les langues ont essaimé entre elles, les récits qu’elles véhiculent sont les mêmes. En tendant l’oreille on reconnait des mots arabes dans le berbère tout comme on reconnait des mots berbères dans l’arabe ! On parle alors de personnes arabophones et berbérophones.

Le français

Famille de langues : Le français est une langue romane de la famille des langues indo-européennes.

Pour en savoir plus sur la famille des langues indo-européennes, (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/famille-des-langues-indo-europeennes

Nombre de locuteurs : 200 millions de locuteurs.

Pays : Le français est la langue officielle de la France et de nombreux autres pays : en Afrique et en Océanie mais aussi aux Antilles et aux Etats-Unis.

Origine : Le français est issu des formes orales et populaires du latin, il est aussi influencé par le Gaulois et par le Francique des Francs. Le français provient de la langue d’oïl, langue parlée dans la moitié nord de la France au Moyen Âge et langue dominante de la littérature entre le XIVe siècle et le XVIe siècle.

Expansion : Le français s’est répandu proportionnellement aux progrès de l’administration et de la justice royale en France. Le français et sa structure grammaticale s’est cristallisé au XVIIe siècle autour du dialecte de l’Ile de France et ce au détriment les autres parlers régionaux.

Qu’est-ce que la francophonie ? Apparu à la fin du XIXe siècle, le terme « francophonie » désigne l’ensemble des personnes et des pays utilisant le français. Un pays francophone est un pays qui utilise entièrement ou partiellement le français.

Nora Aceval

conteuse algérienne

Nora AcevalConteuse traditionnelle à voix nue, se place dans la Transmission. Elle est née à Tousnina sur les hauts plateaux de Tiaret dans le sud-ouest algérien. Son enfance entre Tousnina et Sougueur fut bercée par les contes populaires que disaient les femmes de sa tribu des Ouled Sidi Khaled.

Née d’un père Français d’Algérie et d’une mère arabe, elle se trouva enrichie d’une double culture : Un pont entre l’Algérie et la France.

Pour en savoir plus : www.nora-aceval.com/

Photographie : B. Rupin

Mustapha Chaïb

conteur algérien

Mustapha Chaïb est né à Tiaret (Algérie) en 1971. Bilingue arabe français, il fit des études en littérature française. Son intérêt pour le conte date de son enfance. Il assista souvent Nora Aceval pour des traductions et des recherches en langue arabe. Conteur amateur, il creuse le sillon et se forme en permanence pour la maîtrise de cet art qu’il considère comme majeur.

Commentaires

Commentaire positif

Parfait ! Beau !

C'est trèèèèèèèèèèèès fauuuuux

C'est trèèèèèèèèèèèès fauuuuux elle était très belle !!

J'ai kiffé l'histoire !

J'ai kiffé l'histoire !

Il était une fois un vieux lion

Il était une fois un vieux lion qui ne pouvait plus chasser car ses pattes ankylosées refusaient de le porter. Compère renard se mit en tête de se moquer de lui :
- Ô Monseigneur ! Tu devrais courir un peu pour te dégourdir les jambes.
- Insolent ! Il fut un temps où tu n’osais même pas rôder à distance de mes terres et te voilà maintenant me narguant parce que je suis vieux et que mes jambes me lâchent.
- Monseigneur ! Quelle méprise ! Je suis ton humble serviteur et je ne cherche qu’à t’aider.
- En quoi un misérable comme toi pourrait m’aider ?
Le renard, se maintenant à bonne distance, poursuivit :
- En te soulageant de tes douleurs. Le métier de cordonnier n’a pas de secret pour moi. Nous sommes cordonniers de père en fils ! Je vais te fabriquer des bottines en cuir afin que tu puisses marcher sans avoir mal aux pieds, et même chasser comme au temps de ta jeunesse !
À ces mots, le fauve redressa la tête et un frisson parcourut sa crinière.
- Voyons cela ! Allez ! au travail ! Et gare à toi si tu me racontes des histoires.
Sans plus tarder le renard se dirigea vers un monceau de terre où on venait d’enfouir le cadavre d’une vachette. Il y découpa quatre larges morceaux de peau encore fraîche et rejoignit le roi des animaux sans crainte, sûr de son affaire.
- Ô mon roi ! Tends tes pieds.
Le lion s’exécuta de bonne grâce à l’idée de retrouver une nouvelle jeunesse. Le renard s’appliqua délicatement et lui couvrit chaque patte d’un morceau de peau qu’il attacha d’un lacet en tige de palmiers nains. Sous l’effet de l’humidité, le lion éprouva une agréable sensation.
Le renard insista :
- Maintenant il ne te reste plus qu’à mettre tes pattes à sécher au soleil et tu pourras filer.
Le lion, confiant, suivit les consignes à la lettre, et patienta sous le soleil brûlant. Hélas, le cuir se rétrécit, se rétrécit… et durcit comme du bois mort ! La douleur arracha au lion de terribles rugissements. Aucun animal n’osa s’en approcher. Le renard, lui, fier de son exploit, parcourait le pays pour annoncer la nouvelle :
- Je suis le vengeur ! Le lion est sous la torture.
Seule la hase, madame lièvre, eut pitié et dit au lion :
- Monseigneur ! Promets-moi de ne pas me dévorer et j’atténuerai tes souffrances.
- Parole de roi. Tu auras même une récompense !
La hase s’activa du mieux qu’elle put en courant du point d’eau au roi des animaux. Elle remplissait son gosier et le déversait sur le cuir qui se dilatait. Elle libéra enfin les pattes du lion qui retrouvèrent quelque liberté de mouvement. L’animal, ingrat, loin de remercier madame lièvre qui s’était donnée tant de mal, leva sa lourde patte et la laissa retomber sur elle. Elle se débattit :
- Tu cherches à dévorer celle qui t’a sauvé ?
- Oui, c’est la providence qui t’envoie.
Et gloup ! Il l’engloutit si vite, qu’elle glissa rapidement et se retrouva expulsée par derrière. Ouf ! Elle se sauva sans demander son reste, tout en répétant : « Bonnes gens ! Craignez le mal qui vient de celui à qui vous avez fait du bien ! Bonnes gens… »

Bien

C'est magnifique

Faux

Faux

Le lion et le renard

C'est très beau

Ce conte est très beau et merci

Ce conte est très beau
et merci pour l'histoire

formidable

pour moi ce conte est très bon même si certains ne sont pas du même avis

Jolie histoire

L'histoire est plutôt sympa mais la fin est trop sèche.

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