Petit Caillou et Brin de laine

Origine de la collecte : France
Illustration : Vérane Cottin

Petit Caillou et Brin de Laine venaient de perdre leur mère. Leur père s’était remarié avec une femme étrangère et elle était très dépensière. Quand il n’y eut plus rien à manger, la nouvelle femme du père lui demanda d’aller perdre les enfants dans la forêt…

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Le texte du conte

C’était un frère et une sœur. Le premier aimait les cailloux, la deuxième les brins de laine. On les nommait Petit Caillou et Brin de Laine. Ils venaient de perdre leur mère. Leur père s’était remarié avec une femme étrangère et elle était très dépensière.
Elle achetait sans réfléchir, ne faisait pas de provisions. Quand il y avait, il y avait et on mangeait tout et beaucoup. Mais quand il n’y avait plus rien, on commençait à s’inquiéter.

Et ce jour-là, on y était ! Il n’y avait plus rien du tout, plus rien à donner aux enfants, plus de farine, plus de pain, encore moins de confiture, plus de salé, plus de pâté, plus rien dans le garde-manger.

Le père ne savait plus quoi faire, mais sa femme avait une idée, elle y pensait depuis longtemps :
- Emmène donc les enfants au plus profond de la forêt et fais en sorte qu’ils se perdent. Les bêtes sauvages, les ogres ne vont en faire qu’une bouchée, ils ne souffriront pas longtemps et nous nous ne souffrirons plus et surtout nous n’aurons rien vu !

C’était le soir, la nuit tombait. Les enfants avaient entendu et ce jeu-là les amusait.

Le lendemain, au petit jour, le père proposa aux enfants d’aller marcher dans la forêt :
- Vous verrez on va s’amuser !
Il prit un chemin compliqué qui tournait, montait, descendait, pour qu’on ne le retrouve pas.
Petit Caillou évidemment avait des cailloux dans ses poches, de petits cailloux ronds et blancs qu’il disposa sur le chemin pour les retrouver en rentrant.
Ils marchèrent pendant longtemps, s’amusèrent pendant longtemps, pendant longtemps ils s’amusèrent, aussi longtemps et plus encore. Le père les encourageait, il avait déjà son idée.
Il proposa : Faisons la sieste ! et il s’installa contre un arbre. La journée avait été longue. Les enfants étaient fatigués. Ils se mirent autour de lui et tenaient serrés dans leurs mains les vieux bouts usés de sa veste pour ne pas le laisser partir. Ils finirent par s’endormir.
Il fallut qu’il quitte sa veste et qu’il les abandonne là, avec sa veste.

Quand les enfants se réveillèrent, la nuit allait bientôt tomber. Petit Caillou retrouva le chemin avec, et la maison et leurs parents qui regrettaient amèrement d’avoir agi si méchamment.

Le temps passa. Le temps passa. On retrouva de quoi manger et, à nouveau, on oublia d’aller faire des provisions. Il n’y eut plus de quoi manger et la femme recommença à proposer ses mauvais plans.

Ce matin-là, au petit jour, le père éveilla ses enfants et leur proposa cette fois de s’en aller chercher du bois.
Il choisit un autre chemin, plus compliqué que le premier.
Brin de Laine avait dans ses poches de jolis petits brins de laine qu’elle accrocha sur les buissons pour les trouver en revenant.

Il fallait ramasser du bois. Le père leur dit :
- N’ayez pas peur si je m’éloigne, je ne partirai pas sans vous ! Écoutez le bruit de ma hache et vous saurez que je suis là !

C’était bien vrai, ils l’entendaient. Mais ce qu’ils ne pouvaient pas savoir, c’est que le bruit qu’ils entendaient n’était plus le bruit de sa hache mais celui de ses deux sabots qu’il avait pendus à un arbre et qui se cognaient en bougeant.
Quand vint le soir, ils découvrirent le père envolé, les sabots, retrouvèrent évidemment les jolis petits brins de laine et le chemin et la maison et leurs pauvres méchants parents.

Le temps passa, et comme les premières fois, la misère recommença.
Il ne restait plus qu’un gros pain.
Et cette fois la mère prit les choses en main. Elle emmena les deux enfants avec le pain. Et déjà ils étaient en route. La mère s’était assurée que Petit Caillou et sa sœur n’avaient rien cachés dans leurs poches.
Elle les conduisit en haut d’une pente vertigineuse. Elle sortit de son panier le pain qu’elle avait apporté. Elle le laissa échapper, le pain débaroula la pente, elle cria :
- Oh mes enfants ! Oh mes enfants ! C’est tout ce qui reste à manger, allez vite me le chercher.

Ils s’élancèrent mais le pain avait roulé loin. Quand ils purent le rapporter la mère était déjà partie. La nuit commençait de tomber. Petit Caillou et Brin de Laine étaient perdus.

Petit Caillou grimpa jusqu’au sommet d’un arbre. Il regarda autour de lui. Il vit au loin une lumière. Il lança alors son chapeau vers la lumière. Et marchant de l’arbre vers le château puis en continuant tout droit, ils trouvèrent une maison avec une très grande porte.

Ils frappèrent. Une gigantesque main les attrapa et les jeta dans la maison. C’était Grand Ogre qui ouvrait. Il les installa sur la table, ferma la porte et s’approcha :
- Miam ! Miam ! Miam ! Miam ! Oh qu’ils sont beaux ! Oh qu’ils sont beaux ! Je vais les couper en morceaux !

Il reçut un coup sur la tête : c’était son épouse, l’ogresse ! C’était elle qui commandait dans la maison :
- Tu ne mangeras rien du tout. Il faut d’abord les engraisser. Ils sont maigres à faire pitié !
Grand Ogre se gratta la tête :
- C’est vrai ! C’est vrai ! Ils sont très maigres, ils n’ont que la peau sur les os. Il vaudrait mieux qu’ils soient plus gros.

On coucha les petits nouveaux dans le lit où dormaient déjà les deux petits enfants des ogres. Ces deux petits ogresillons portaient au cou un collier d’or tandis que Petit Caillou et Brin de Laine ne portaient qu’un collier de paille. Petit Caillou échangea vite les colliers.

Quand l’ogresse fut endormie, Grand Ogre monta au grenier, à tâtons, il tata les cous. Et quand il les crut reconnaître, il égorgea à gros bouillon ses deux petits ogresillons ce qui lui valut le matin de douloureux coups de bâton.

Petit Caillou et Brin de Laine grossissaient. L’Ogresse disait à Grand Ogre :
- Tu vois ! Tu vois comme ils sont gras !

Un jour que l’ogre était parti, Brin de Laine s’en vint trouver l’Ogresse pour lui demander où elle faisait sa cuisine. L’ogresse était vraiment très fière de lui montrer son grand fourneau. Elle était bonne cuisinière.
- Un enfant peut-il y entrer ?
- Évidemment !
- Une ogresse y tiendrait aussi ?
- Pas de souci !
- Deux ogres y tiendraient aussi ? Montrez-moi si vous y rentrez sinon je crois que vous mentez !

L’ogresse glissa dans le four et c’était vrai ! Elle y tenait ! Elle y resta ! Elle y cuisit.
L’ogre arriva un peu plus tard, il demanda :
- Où est ma femme ? Où est ma petite chérie ?
Brin de Laine lui répondit :
- Elle est ici ! Elle est ici !
Et elle lui montra le four. Il se pencha pour regarder.
- Je n’y crois pas ! Je n’y crois pas !
- Penchez-vous encore, s’il vous plaît.

Il se pencha encore un peu et elle le poussa dedans tout à côté de sa chérie. Tous deux en sortirent rôtis.

Brin de Laine délivra son frère et ils s’en revinrent chez eux.
Ils étaient en bonne santé car ils avaient beaucoup grossi.
Ils n’étaient plus du tout perdus car ils avaient trouvé les bottes qui mènent où l’on veut aller. Ce fut chez eux qu’ils se rendirent.
Ils n’étaient plus mal habillés car ils rapportaient les trésors que les ogres avaient cachés. Ils retrouvèrent leurs parents, ils dormaient à même la table. Les deux enfants les réveillèrent, leur montrèrent tous leurs trésors et leur donnèrent à manger.

Ils grandirent alors ensemble.

Dodo, dodo, oh papa et maman font dodo.
Pauvre papa et maman, ils ont eu tant de tourments.
Dodo, dodo, oh papa et maman font dodo.
Nous allons grandir ensemble, nous allons grandir ensemble, nous allons grandir ensemble, grandir ensemble.

Classification AaTh : 327, (The Children and the Ogre). Le Petit Poucet ou les enfants abandonnés dans la forêt (selon Paul Delarue).

Le pays présenté ci-dessous correspond au pays où le conte a été enregistré et ne prétend pas donner d'origine unique au conte.

Les contes n'existent pas dans ce seul et unique pays. D'une version à une autre, d'un conteur à un autre, les contes circulent entre les pays et ne s'arrêtent heureusement pas aux frontières !

La France

(République française)

Population : Les français et les françaises. Plus de 60 millions d’habitants

Langues : La langue officielle est le français, cette langue est très majoritairement parlée par les français. En dehors du français il faut aussi compter les nombreuses langues régionales, langues issues de l’immigration et dialectes parlés dans les DOM-TOM.
Pour en savoir plus sur les langues parlées en France : « Corpus de la parole : Comment on parle en France aujourd’hui » : http://corpusdelaparole.in2p3.fr/spip.php?rubrique10

Situation géographique : La France est un état européen, dont la majeure partie est situé en Europe occidentale (la France métropolitaine), plusieurs de ses régions et territoires sont répartis dans les Amériques, l’océan indien et le Pacifique. La France métropolitaine : A l’ouest : l’océan Atlantique. Au nord : le Royaume-Uni (séparé par la Manche) et la Belgique. A l’est : le Luxembourg, l’Allemagne et la Suisse. Au sud-est : l’Italie. Au sud : la mer Méditerranée et l’Espagne.

Superficie : 552 000 km²

Climat : Le climat français est un climat tempéré. Il peut être : méditerranéen, continental ou océanique

Capitale : Paris

Hymne national : La Marseillaise

Devise nationale : Liberté, Égalité, Fraternité

Monnaie : L’Euro

IDH (Indice de développement humain) : 0,872, IDH très élevé (chiffres 2010)

Pour en savoir plus : Article « France » du Larousse :
http://www.larousse.fr/encyclopedie/pays/France/120114

Drapeau: 
Drapeau de la France

Nous avons choisi d'enregistrer le conte dans une ou deux langues parlées dans le pays de collecte.

Les langues citées ci-dessous ne sont pas représentatives de l'ensemble des langues parlées dans ce pays. Il s'agit des langues dans lesquelles le conte a été enregistré. Si vous souhaitez découvrir les autres langues parlées dans le pays de collecte du conte, consultez l'onglet "Le pays".

Le français

Famille de langues : Le français est une langue romane de la famille des langues indo-européennes.

Pour en savoir plus sur la famille des langues indo-européennes, (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/famille-des-langues-indo-europeennes

Nombre de locuteurs : 200 millions de locuteurs.

Pays : Le français est la langue officielle de la France et de nombreux autres pays : en Afrique et en Océanie mais aussi aux Antilles et aux Etats-Unis.

Origine : Le français est issu des formes orales et populaires du latin, il est aussi influencé par le Gaulois et par le Francique des Francs. Le français provient de la langue d’oïl, langue parlée dans la moitié nord de la France au Moyen Âge et langue dominante de la littérature entre le XIVe siècle et le XVIe siècle.

Expansion : Le français s’est répandu proportionnellement aux progrès de l’administration et de la justice royale en France. Le français et sa structure grammaticale s’est cristallisé au XVIIe siècle autour du dialecte de l’Ile de France et ce au détriment les autres parlers régionaux.

Qu’est-ce que la francophonie ? Apparu à la fin du XIXe siècle, le terme « francophonie » désigne l’ensemble des personnes et des pays utilisant le français. Un pays francophone est un pays qui utilise entièrement ou partiellement le français.

Bruno de la Salle

conteur français

Bruno de La SalleConteur et écrivain, Bruno de La Salle est l’un des principaux initiateurs du renouveau du conte en France. En 1981, il fonde le CLiO pour promouvoir l’oralité artistique. Il met en voix depuis plus de quarante ans des grands récits et plus particulièrement des épopées. Formateur, il a entraîné dans son sillage une centaine de conteurs parmi les plus reconnus de la scène actuelle comme Yannick Jaulin, Abbi Patrix, Michel Hindenoch… Il dirige depuis vingt ans l’atelier Fahrenheit 451, premier atelier professionnel en France.

Pour en savoir plus : http://www.clio.org/clio-accueil/brunodelasalle/

Commentaires

Hansel et Gretel

C'est comme Hansel et Gretel.

ANONYME GUY

Je trouve que ce mix de plusieurs contes est bien écrit.

Joli mélange de 2 contes.

Outre le petit Poucet on y reconnait aussi Hansel et Gretel, il y a là un sympathique travail à faire avec les élèves, j'aime bien cela.

Une autre version

Une autre version, c'est toujours intéressant !

C'est comme...

C'est comme le petit poucet

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