La fleur de la vie

Origine de la collecte : Roms
Illustration : Jangil

Une petite tribu rom s'installe dans une superbe contrée. Trois des hommes partent à l'aventure pour trouver des cadeaux pour leurs futures épouses. Les deux premiers rapportent des trésors alors que le troisième ne rapporte qu'une petite fleur des montagnes...

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Le texte du conte

Il y a longtemps, très longtemps, les Roms menaient une vie nomade. Le monde, pour eux, n'avait pas de frontières. Ils voyageaient sans cesse sur les routes sans fin, à travers les montagnes, les vallées et les forêts, mais ils n'arrivaient pas toujours à trouver un endroit où se reposer.

Un jour, une petite tribu, surprise par un hiver précoce, fut obligée de s'arrêter pour camper près d'une montagne. Les hommes installèrent donc leurs tentes et leurs chevaux dans un grand pré où coulait une petite rivière.

Le vieux chef rassembla tous les hommes et les femmes et il leur dit :

« L'hiver arrive et nous ne pourrons pas franchir cette montagne avant le printemps prochain. Nous allons rester quelque temps ici, cela nous permettra de nous reposer un peu avant de reprendre la route. Il y a longtemps que nous n'avons pas célébré de mariages. Demain je choisirai trois jeunes hommes et trois jeunes filles et nous les marierons. »

Le lendemain, le vieux chef choisit trois jeunes hommes et leur dit :

« Il vous faut à présent trouver des cadeaux pour vos futures épouses, que je choisirai selon ce que vous leur rapporterez. » Ainsi fut dit, ainsi fut fait.

Les jeunes hommes partirent alors chacun de leur côté. L'aîné, qui s'appelait Barvalo, ce qui veut dire "riche", eut beaucoup de chance. L'après-midi même, alors qu'il marchait au bord de la rivière, il découvrit une énorme pépite d'or. Tout heureux, il se précipita au campement.

« Je vois que tu as bien pensé à ton avenir et à celui de ta future femme, lui dit le vieux chef. Aussi, je te choisis une compagne digne de toi, Soumnakaï, la fille la plus riche de la tribu. » Ainsi fut dit, ainsi fut fait.

Le deuxième jeune homme, Zouralo, qui veut dire "fort", pénétra dans la forêt. C'était un excellent chasseur. Dans une clairière, il vit un grand cerf. D'une seule flèche il le tua et le ramena jusqu'au campement.

« Tu es un bon chasseur Zouralo, lui dit le vieux chef. Tu arriveras toujours à nourrir ta famille. Ta femme sera Zoumi, notre meilleure cuisinière. » Ainsi fut dit, ainsi fut fait.

Le troisième jeune homme – Drago était son nom, ce qui signifie "aimé" – lui, il avait décidé de monter sur la montagne. Il grimpa jusqu'à la nuit noire. Lorsqu'il arriva au sommet, le jour se levait et les premiers rayons du soleil caressaient le paysage. Il contempla la forêt avec tous ses arbres et ses animaux, la rivière qui scintillait de mille reflets dorés, la prairie verdoyante où étaient plantées les tentes. Comme c'était beau ! Si seulement il avait pu montrer tout cela à sa tribu ! Mais il ne savait toujours pas quel cadeau il pourrait ramener à sa future épouse. En regardant autour de lui, il aperçut une jolie petite fleur sauvage. Drago la cueillit et la mit au revers de sa veste, puis il s'en retourna au campement. Il alla voir le vieux chef, s'inclina devant lui et lui dit :

« Pardonne-moi, vénérable chef, je suis parti les mains vides et c'est les mains vides que je reviens. J'ai choisi la route la plus difficile. Je suis monté tout en haut de la montagne. De là-haut, j'ai vu la forêt avec tout son gibier, j'ai vu la rivière avec tous ses poissons, j'ai vu la prairie avec toute son herbe pour nos chevaux. Je n'ai rapporté ni or ni gibier, mais seulement cette fleur comme témoin de tout ce que j'ai vu. Le vieux chef prit la fleur, la montra à tous et dit d'une voix grave :

« Ecoutez, Romale ! Barvalo a ramené de l'or pour lui et sa femme, Zouralo a ramené de la viande pour sa famille, mais Drago, lui, a rapporté un cadeau pour nous tous. Cette fleur, c'est la fleur de la vie. Grâce à cette fleur, j'ai compris que c'est ici le meilleur endroit au monde où nous installer pour de nombreuses années dans la paix et l'abondance. »

Puis, se tournant vers Drago, il ajouta :

« Et toi, Drago, puisque tu sais si bien voir la beauté, tu prendras pour épouse Shoukar, la plus belle fille de notre tribu. Que Dieu vous bénisse et vous donne autant d'enfants qu'il y a de pétales à cette fleur. »

Ainsi fut dit, et ainsi fut fait.

Le pays présenté ci-dessous correspond au pays où le conte a été enregistré et ne prétend pas donner d'origine unique au conte.

Les contes n'existent pas dans ce seul et unique pays. D'une version à une autre, d'un conteur à un autre, les contes circulent entre les pays et ne s'arrêtent heureusement pas aux frontières !

Les Roms

Origine : Le mot « rom » est un terme générique. On pourra donc lire « Tsiganes » pour désigner les Roms, ou encore « gens du voyage, Gitans, Bohémiens, Manouches ». « Rom » signifie « Homme » en romani et est utilisé par les Roms eux-mêmes. Il a été adopté en 1971 par des associations d’Europe de l’Est, notamment l’Union romani internationale pour remplacer celui de « Tsigane », considéré comme péjoratif. Les Roms sont originaires d’Inde, et sont présents en Europe, mais également en Amérique, en Iran, et en Australie. En France, ils seraient plus de 20000 individus.

Population :Les Roms sont divisés en trois familles :
- Les Kalé, aussi appelés « Gitans », vivent essentiellement dans la péninsule ibérique et l’Amérique latine, et parlent le caló, mélange de romani et de catalan. Ils représentent environ 10% des Roms.
- Les Romanichels, eux, peuplent l'Europe orientale et centrale (Roumanie, Bulgarie...).
- Les Sinté, enfin, peuplent l'Europe occidentale (France, Italie, Allemagne...). En France, ils sont appelés « Manouches ». Tout comme les Romanichels, ils parlent le romani et les langues des pays où ils résident. Ils représentent 4% des Roms.
La population mondiale des Roms est quant à elle estimée de 5,8 à 13 millions d’habitants, répartis principalement en Europe.

Situation géographique : Les Roms ne vivent pas dans un pays en particulier. Ils ont commencé à migrer en Europe au début du XVe siècle, et représentent aujourd’hui la plus grosse minorité ethnique d'Europe, avec une population variant de 10 à 12 millions d’individus. L'Espagne est le pays de l'Europe de l'Ouest qui accueille la plus grosse communauté de Roms. C'est aussi l'un des rares à lui avoir donné le statut de minorité nationale. Il y aurait également plus d’un million de Roms aux Etats-Unis, et entre 30 000 et 50 000 au Canada, la plupart à Toronto, mais aucun au Québec.

Famille de langues : Le romani est une langue indo-européenne de la branche indo-iranienne. Dérivée de parlers populaires proches du sanskrit, elle possède de nombreux éléments de base en commun avec le Hindi et les langues du nord de l’Inde, comme le Rajasthani. Cependant, le mouvement migratoire des Roms a produit de nombreuses variantes régionales, influencées par les diverses langues environnantes.

Langues : Le romani se divise en trois grands groupes :
- la « branche atlantique », aujourd'hui réduite à quelques dizaines de mots utilisés par les Kalé et les Romanichels,
- les parlers sinto-manouches, plus proches du « romani commun », avec des emprunts importants aux langues germaniques et baltes,
- enfin, le troisième groupe, dont la forme la plus connue est le kelderàri, s'est formé à partir des parlers sinto-manouches et d’emprunts au roumain, à d'autres langues des Balkans, et aux langues slaves.

Il existe également des dialectes mixtes, regroupés sous l'appellation de « pararomani », qui ne sont pas d'origine romani, mais comportent un nombre important d'apports romanis : c'est le cas de l'anglo-romani (Royaume-Uni), du scandoromani (Suède et Norvège), du caló (Espagne, Portugal, Amérique latine), du sinto italien, du manouche (Allemagne), etc.

Source :
http://www.academia.edu/2320894/R%C3%A9alit%C3%A9s_tsiganes_m%C3%A9connaissance_et_d%C3%A9sint%C3%A9r%C3%AAt_en_Am%C3%A9rique_du_Nord

Drapeau: 
Drapeau rom

Nous avons choisi d'enregistrer le conte dans une ou deux langues parlées dans le pays de collecte.

Les langues citées ci-dessous ne sont pas représentatives de l'ensemble des langues parlées dans ce pays. Il s'agit des langues dans lesquelles le conte a été enregistré. Si vous souhaitez découvrir les autres langues parlées dans le pays de collecte du conte, consultez l'onglet "Le pays".

Le français

Famille de langues : Le français est une langue romane de la famille des langues indo-européennes.

Pour en savoir plus sur la famille des langues indo-européennes, (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/famille-des-langues-indo-europeennes

Nombre de locuteurs : 200 millions de locuteurs.

Pays : Le français est la langue officielle de la France et de nombreux autres pays : en Afrique et en Océanie mais aussi aux Antilles et aux Etats-Unis.

Origine : Le français est issu des formes orales et populaires du latin, il est aussi influencé par le Gaulois et par le Francique des Francs. Le français provient de la langue d’oïl, langue parlée dans la moitié nord de la France au Moyen Âge et langue dominante de la littérature entre le XIVe siècle et le XVIe siècle.

Expansion : Le français s’est répandu proportionnellement aux progrès de l’administration et de la justice royale en France. Le français et sa structure grammaticale s’est cristallisé au XVIIe siècle autour du dialecte de l’Ile de France et ce au détriment les autres parlers régionaux.

Qu’est-ce que la francophonie ? Apparu à la fin du XIXe siècle, le terme « francophonie » désigne l’ensemble des personnes et des pays utilisant le français. Un pays francophone est un pays qui utilise entièrement ou partiellement le français.

Nouka Maximoff

Conteuse rom

Nouka Maximoff

Nouka tire ses contes de ses origines roms et de l'histoire de son peuple.

De son histoire familiale, de son enfance vécue entre nomadisme et sédentarité et de ses lectures, notamment les livres de son père, l'écrivain Matéo Maximoff, Nouka extrait une mémoire faite de paroles, d'imaginaire et de souvenirs divers.

Des souvenirs qui rejaillissent à travers des contes qu'elle prend plaisir à partager avec les enfants et les parents, dans les écoles, les bibliothèques, les centres culturels ou encore les festivals.

Commentaires

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c'est magnifique

J'ai adorééé

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Quel beau conte !

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