La djinné, la jeune femme et l'oiseau

Origine de la collecte : Sénégal
Illustration : Malang Sène

Un homme part à la recherche d'une femme car aucune ne lui convient dans son pays. En chemin, il rencontre un vieillard qui lui dit: « Dans la forêt tu trouveras un citronnier avec trois citrons. Chaque fois que tu en jetteras un, une femme apparaîtra »...

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Le texte du conte

Il y avait un homme qui était riche, et beau de surcroît, mais il n'avait pas de femme, car celles qu'on lui donnait dans le pays, même belles, il disait qu'il n'en voulait pas. Celles qu'on lui choisissait, il disait qu'il n'en voulait pas. Un jour, il prit son cheval, et dit qu'il allait chercher une femme pour savoir s'il en obtiendrait. Il monta sur son cheval, il partit.

Il galopa, galopa, galopa, galopa, galopa jusqu'à la forêt. Il rencontra un vieil homme, il lui fit l'aumône. Le vieil homme lui dit :
- Mon fils où vas-tu ?
Il lui répondit :
- Moi, dans le pays où je suis né, celle qu'on m'offrait comme femme, il se trouvait que je ne l'aimais pas.
Celle que l’on me donnait, je ne l'aimais pas, alors, je voulus aller chercher moi-même.
Le vieux lui dit :
- Quand tu iras jusqu'au milieu de la forêt, tu y verras des citronniers, quand tu avanceras jusqu'au milieu des arbres, tu verras trois citrons. Tu les cueilleras ensemble. Quand tu seras en pleine forêt, et quand tu éplucheras un citron, quelqu'un en sortira, elle te demandera quelque chose.
L'homme dit :
- Oui.

Il conduisit son cheval, le conduisit, le conduisit jusqu'en pleine forêt, jusqu'à ce qu'il vit les trois arbres. Il s'enfonça, vit les trois citrons, les cueillit ensemble. Il chevaucha jusqu'au cœur de la forêt, éplucha l'un. Une jolie femme en sortit et lui dit :
- Père, donne-moi du tabac.
Il lui dit :
- Moi, je n'ai pas de tabac.
Elle lui dit :
- Donne-moi du pain.
- Moi je n'ai pas de pain.
- Donc toi, tu ne peux pas m'entretenir, je retourne à ma coque.

Il lui restait deux citrons. Il reprit sa course, chevaucha jusqu'en pleine forêt. Il en éplucha un autre. Une plus belle fille que la première en sortit, lui dit :
- Père, donne-moi du pain.
Il lui dit :
- Moi, je n'ai pas de pain.
- Donne-moi du tabac.
- Moi, je n'ai pas de tabac.
- Donc toi, tu ne peux pas m'entretenir, je retourne à ma coque.

Il lui restait un citron. Il s'en alla acheter son pain et son tabac. Il chevaucha, chevaucha, chevaucha encore au plus profond de la forêt. Il éplucha le citron qui lui restait. Une fille plus belle encore que celles-là, en sortit et lui dit :
- Père, donne-moi du pain.
Il lui donna du pain, elle mangea à sa faim.
Elle lui dit :
- Donne-moi du tabac.
Il lui en donna, elle chiqua comme elle voulait.
Elle lui dit :
- C'est avec toi que je veux rester.
L'homme lui dit :
- Maintenant, nous allons faire une chose : je veux partir dans notre pays apprendre aux gens là-bas que j'ai une femme, pour qu'ils puissent nous accueillir. Je veux que tu habites ma maison ici. Nous y resterons jusqu'à ce que je parte.
Sa maison alors était en haut d'un arbre, et surplombait la mer.
La jeune femme lui dit :
- Oui.

Ils y restèrent jusqu'à ce qu'ils aient un garçon. Et le mari partit l'annoncer aux gens du pays. Et il s'en alla. Quand la femme se levait, et que son enfant dormait, elle se penchait à l'étage. Son ombre se reflétait ainsi sur l'eau. Une Djinné vint y chercher de l'eau ; elle regarda l'ombre et la sienne.
Elle s'exclama:
- Ei ! Moi je suis aussi belle que ça ! Belle à ce point ! Et l'on m'envoie chercher de l'eau ! Elle brisa le canari et s'en alla.
Le lendemain encore, quand elle vint chercher de l'eau, la djinné dit :
- Ei ! Moi je suis alors aussi belle que ça ! Belle à ce point et l'on m'envoie chercher de l'eau !
Elle brisa le canari.
À la troisième fois, elle revint, regarda l'ombre et dit :
- Ei ! Moi, je suis donc aussi belle que ça ! Belle à ce point et l'on m'envoie chercher de l'eau !
- Elle brisa le canari.
La femme d'en haut s'esclaffa.
La djinné lui dit :
- Aââ hâââ ! Alors ! C'est donc toi qui es perchée là, et quand je venais, je me croyais aussi belle. Alors que c'est toi qui es perchée là-haut ! Descends, que je te tresse.
La femme lui dit :
- En tout cas moi, je ne descends pas, car mon mari me l’a défendu.

La djinné lui dit :
- Descends seulement, ça ne durera pas, les tresses ne dureront pas longtemps, je te ferai de jolies tresses, comme ça quand ton mari viendra...
Elle descendit.

Le génie la tressa ; ensuite elle prit une épingle qu'elle lui planta au milieu du crâne. La femme se change en oiseau, prit son vol, s'en alla... un bel oiseau. La djinné monta la remplacer en haut.

Quand l'enfant s'éveillait, elle le portait. Jusqu'à ce que le mari revint. Il lui dit :
- Moo ! Où est ma femme ?
Elle lui répondit :
- Je suis là. Nous, nous sommes comme ça, les gens de chez nous, nous nous métamorphosons, aujourd'hui nous sommes belles, demain laides...
Il dit :
- Ei ? Moi, que vais-je devenir, avec ma honte ? J'ai averti les gens de mon pays, et ils préparent toutes sortes de choses. Je refusais toutes celles que l'on me donnait dans le pays, et je leur amène ce laideron !

Elle lui dit :
- Nous, c'est ainsi que nous sommes... ainsi seulement nous sommes, chez nous...
Il lui dit :
- Bien, partons.
Ils partirent. Les gens du pays se mirent à rire. On se moquait de lui.
D'aucuns le huaient :
- Ei ! Ce garçon-là, qu'Allah le tue ! Il refusait toutes celles qu'on lui donnait, et il nous amène cette femme-là ! Celui-là, qu'Allah le tue !
Ainsi allaient les choses, puis un jour, l'homme dit :
- Allons ramasser des oiseaux dans la forêt.
On partit, et l'on ramassa, ramassa, ramassa... Jusqu'à ce que l'on ramassât la mère de l'enfant changée en oiseau. C'était un bel oiseau.

On vint alors le mettre dans la maison.
L'oiseau aimait l'enfant ! L’enfant grandit ! L'oiseau l'aimait à en mourir.
À tout moment, il se posait sur lui, il le caressait.
La djinné dit :
- Cet oiseau-là, tuons-le. Demain, nous tuerons tous les oiseaux.
L'enfant pleurait et demandait qu'on ne tue point l'oiseau. Il pleurait et demandait à son père qu'on ne le tue pas. Jusqu'au jour où on étala la natte pour manger.

L'oiseau vint et tchapp ! il se posa au milieu du plat. L'enfant le caressa, le caressa, il ôta l'épingle piquée dans sa tête. L'oiseau redevint sa mère. La djinné mourut là-bas. Alors l'homme dit aux gens du pays :
- C'est celle-là qui était mon épouse. On l'avait transformée en oiseau.
Avec la mère et l'enfant, ils continuèrent à vivre ensemble.

C’est ainsi que le conte tomba dans la mer…

Ce conte est extrait du recueil "Contes sérères n°2" rassemblé par Raphaël Ndiaye et Amadou Faye, édité par IFAN et ENDA à Dakar 2002, dans la collection "Clair de Lune". Traduit par Amade Faye.

Le pays présenté ci-dessous correspond au pays où le conte a été enregistré et ne prétend pas donner d'origine unique au conte.

Les contes n'existent pas dans ce seul et unique pays. D'une version à une autre, d'un conteur à un autre, les contes circulent entre les pays et ne s'arrêtent heureusement pas aux frontières !

Le Sénégal

(République du Sénégal)

Population : Les sénégalais et les sénégalaise. Plus de 12 millions d’habitants.

Langues : Le Sénégal accueille une grande diversité linguistique. Le français est la langue officielle du Sénégal (depuis 2001). Le Sénégal possède également 6 langues nationales : le wolof, le malinké, le pular, le sérère, le soninké, le diola. La liste des langues nationales sera complétée par d’autres langues nationales codifiées.

Situation géographique : Le Sénégal est un pays d’Afrique de l’Ouest. A l’ouest : l’océan Atlantique (500 km de côtes). A 560 km de la côté : les îles du Cap-Vert. Au nord : la Mauritanie. A l’est : le Mali. Au sud : la Guinée et la Guinée-Bisseau. Quasi-enclave dans le pays (pénétrant à plus de 300 km à l’intérieur des terres) : la Gambie.

Superficie : 196 722 km²

Climat : Le climat du Sénégal est tropical et avec deux saisons : la saison sèche (novembre à juin) et la saison des pluies (juillet à octobre).

Capitale : Dakar

Hymne national : Le Lion rouge

Devise nationale : Un Peuple, Un But, Une Foi

Monnaie : Le Franc CFA

IDH (Indice de développement humain) : 0,411, IDH faible (chiffres 2010)

Indépendance : Décolonisation de la France le 4 avril 1960

Pour en savoir plus : Article « Sénégal » du Larousse :
http://www.larousse.fr/encyclopedie/pays/S%C3%A9n%C3%A9gal/143900

Drapeau: 
Drapeau du Sénégal

Nous avons choisi d'enregistrer le conte dans une ou deux langues parlées dans le pays de collecte.

Les langues citées ci-dessous ne sont pas représentatives de l'ensemble des langues parlées dans ce pays. Il s'agit des langues dans lesquelles le conte a été enregistré. Si vous souhaitez découvrir les autres langues parlées dans le pays de collecte du conte, consultez l'onglet "Le pays".

Le wolof

Famille de langues : Le wolof est une langue du groupe ouest-atlantique de la famille des langues Niger-Congo.

Pour en savoir plus sur la famille des langues Niger-Congo, (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/famille-des-langues-niger-congo

Nombre de locuteurs : environ 10 millions locuteurs sur un total de 12 à 13 millions de Sénégalais. Il y a des endroits du pays où le wolof n’est pas compris ou n’est pas parlé : Casamance (pays diolas et mandingues), certaines parties du pays sérère dont les îles du Saloum, Sénégal oriental (populations Tenda : Bassari, Boïn, Bedik, Koniagui, Badiaranké), une partie du pays soninké.

Pays : Le wolof est une des langues nationales au Sénégal, elle est parlée principalement au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie.

Origine : Le wolof a une parenté très ancienne avec le peul. Le wolof a également des liens avec une autre langue du Sénégal : le sérère.

Sur la parenté entre les langues peul, sérère et wolof, Senghor écrit dans la préface du « Dictionnaire Sereer-Français » du Rd Père Léonce Crétois (6 tomes ronéo, Dakar, CLAD, 1972 – 1977) : « C’est que le serer, au dire de Maurice Delafosse – et l’hypothèse semble vraie – nous présente l’état le plus archaïque d’une ancienne situation, où les peuples « sénégalo-guinéens », dont les Peul, Wolof, Sérère, et diola, parlaient la même langue ». (T 1, pp. 1 et 2).

Pour en savoir plus sur le wolof (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/le-wolof

Le français

Famille de langues : Le français est une langue romane de la famille des langues indo-européennes.

Pour en savoir plus sur la famille des langues indo-européennes, (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/famille-des-langues-indo-europeennes

Nombre de locuteurs : 200 millions de locuteurs.

Pays : Le français est la langue officielle de la France et de nombreux autres pays : en Afrique et en Océanie mais aussi aux Antilles et aux Etats-Unis.

Origine : Le français est issu des formes orales et populaires du latin, il est aussi influencé par le Gaulois et par le Francique des Francs. Le français provient de la langue d’oïl, langue parlée dans la moitié nord de la France au Moyen Âge et langue dominante de la littérature entre le XIVe siècle et le XVIe siècle.

Expansion : Le français s’est répandu proportionnellement aux progrès de l’administration et de la justice royale en France. Le français et sa structure grammaticale s’est cristallisé au XVIIe siècle autour du dialecte de l’Ile de France et ce au détriment les autres parlers régionaux.

Qu’est-ce que la francophonie ? Apparu à la fin du XIXe siècle, le terme « francophonie » désigne l’ensemble des personnes et des pays utilisant le français. Un pays francophone est un pays qui utilise entièrement ou partiellement le français.

Pape Faye

conteur sénégalais

Pape FayePape Faye est un artiste conteur comédien sénégalais. Il a à son actif des dizaines de téléfilms. Il compte parmi les incontournables du Sénégal où il officie souvent en tant que Maître de cérémonie. Il est toujours dans les rendez-vous culturels les plus importants…

Commentaires

beauté

Ce conte nous montre la beauté de la civilisation du monde noir.

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Nous en avons une version au Maroc.

J'adore !

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C'est super ce conte !

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J'aime bien ce conte c'est trop cooooooooooooooooooool

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