Dilino le guérisseur

Origine de la collecte : Roms
Illustration : Jangil

Le beng revient voir Dilino et, apitoyé par son triste sort, il veut lui venir en aide. Les deux personnages scellent alors un pacte, pacte que Dilino ne va finalement pas respecter...

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Le texte du conte

« Je n’y comprends rien, dit un jour le beng à Dilino. Malin comme tu es, comment se fait-il que tu sois toujours aussi pauvre ?

- Que veux-tu, répondit le Rom : l’argent me file entre les doigts. Mes enfants sont toujours à crier famine. Les gens nous chassent d’un endroit à l’autre. Dès que nous arrivons à économiser quelques sous, il nous faut partir. Par-dessus le marché, il faut aussi nourrir le cheval. Tu comprends maintenant ? C’est que je suis le seul à travailler… enfin… quand je travaille…

- Ecoute ! dit le beng. Moi, je peux t’aider à gagner de l’argent et à mettre fin à ta misère. Mais pour cela, il faut que tu me promettes de m’obéir totalement.

- Parle toujours, répond le Rom un peu méfiant. On verra après.

- Bien, voici ce que je te propose : je vais t’accorder le don de guérir les maladies. Cela te permettra de gagner suffisamment d’argent pour vivre convenablement. Mais, écoute-moi bien : quand on t’appellera pour soigner quelqu’un, je serai là, toi seul pourras me voir. Si tu me vois à la tête du malade, tu comprendras qu’il guérira. Si, par contre, tu me vois à ses pieds, tu sauras que cette personne est près de mourir. Alors, n’insiste pas. Contente-toi de consoler la famille. »

Comme vous pouvez vous en douter, Dilino accepta la proposition du beng. Dès le lendemain, une gadji, une femme du pays, se présenta à la roulotte de Dilino pour que sa femme lui lise son avenir dans les lignes de la main. Elle lui confia qu'elle était inquiète pour son fils qui était très malade, presque mourant. Ne savez-vous pas, dit alors la voyante, que mon mari possède le don de guérison ? Amenez donc votre fils et je demanderai à mon mari de voir s'il peut le guérir. La gadji revint quelques heures plus tard avec son fils, qu'on portait sur un brancard, car il était si malade qu'il ne pouvait pas marcher. Dilino fit mine de l'examiner, d'un air très sérieux, attendant que le Beng se manifeste. Ce dernier apparut et se plaça, souriant, à la tête du brancard.

Ce jour-là, le malade fut guéri et rentra chez lui sur ses deux pieds. La nouvelle se répandit très vite dans tout le pays. Les jours suivants, les gens arrivèrent d'un peu partout. De très grands malades furent amenés sur des brancards. Le beng se montrait généralement à la tête du malade. Dilino annonçait alors les guérisons. Dilino ne demandait rien en retour, mais ceux qu’il avait guéris lui mettaient dans la main des pièces et même des billets et ils lui faisaient de riches cadeaux. Très vite, il se trouva à la tête d'une petite fortune.

Evidemment, il arrivait parfois que le Beng vienne se placer aux pieds du malade. Obéissant, Dilino déclarait alors ne rien pouvoir faire pour ce malade, car son heure était venue.

Un jour que Dilino se trouvait à la porte d’une grande ville, un groupe de personnes vint le trouver pour le prier de se rendre au palais afin d’y examiner la fille du prince qui était gravement malade.

Jamais, même dans ses rêves, Dilino n’avait vu de palais aussi magnifique. En grand seigneur, le prince vint l’accueillir en personne et s’inclina devant lui.

« J'ai beaucoup entendu parler de toi, Dilino. Il parait que tu es un grand guérisseur. Ma fille unique se meurt. Si ce qu’on dit de toi est vrai, je crois que toi seul peux la guérir. Demande-moi ce que tu voudras, ton prix sera le mien. »

On conduisit Dilino auprès de la princesse, qui reposait sur un grand lit. Dilino la considéra attentivement. C'était une jeune fille d'une rare beauté, mais elle était si pâle qu'on eut dit que toute vie avait quitté son corps. Comme il en avait pris l'habitude, Dilino sollicita l’aide du beng. Celui-ci vint effectivement, mais, malheur ! il se plaça au pied du lit. Pour la première fois depuis qu'il était devenu guérisseur, le Rom eut envie de pleurer. Le prince demanda, plein d'angoisse :

« Alors ? »

Dilino leva vers lui ses yeux mouillés de larmes et déclara, rassurant :

« Ce n’est rien ! Elle va guérir. »

Et puis il regarda le beng que lui seul pouvait voir et lui dit en romani, de sorte que personne ne puisse comprendre :

« Aujourd’hui, je ne t’obéis plus. »

Et se tournant vers le prince, il lui dit :

« Faites simplement changer l’orientation du lit. Mettez la tête aux pieds et les pieds à la tête. »

Ainsi fut dit, et ainsi fut fait. La princesse fut guérie et son père pleura de joie. Il proposa une énorme somme d'argent à Dilino, mais ce dernier la refusa. Quitte à rester misérable, il venait de décider que plus jamais il n'obéirait au beng. 

Le pays présenté ci-dessous correspond au pays où le conte a été enregistré et ne prétend pas donner d'origine unique au conte.

Les contes n'existent pas dans ce seul et unique pays. D'une version à une autre, d'un conteur à un autre, les contes circulent entre les pays et ne s'arrêtent heureusement pas aux frontières !

Les Roms

Origine : Le mot « rom » est un terme générique. On pourra donc lire « Tsiganes » pour désigner les Roms, ou encore « gens du voyage, Gitans, Bohémiens, Manouches ». « Rom » signifie « Homme » en romani et est utilisé par les Roms eux-mêmes. Il a été adopté en 1971 par des associations d’Europe de l’Est, notamment l’Union romani internationale pour remplacer celui de « Tsigane », considéré comme péjoratif. Les Roms sont originaires d’Inde, et sont présents en Europe, mais également en Amérique, en Iran, et en Australie. En France, ils seraient plus de 20000 individus.

Population :Les Roms sont divisés en trois familles :
- Les Kalé, aussi appelés « Gitans », vivent essentiellement dans la péninsule ibérique et l’Amérique latine, et parlent le caló, mélange de romani et de catalan. Ils représentent environ 10% des Roms.
- Les Romanichels, eux, peuplent l'Europe orientale et centrale (Roumanie, Bulgarie...).
- Les Sinté, enfin, peuplent l'Europe occidentale (France, Italie, Allemagne...). En France, ils sont appelés « Manouches ». Tout comme les Romanichels, ils parlent le romani et les langues des pays où ils résident. Ils représentent 4% des Roms.
La population mondiale des Roms est quant à elle estimée de 5,8 à 13 millions d’habitants, répartis principalement en Europe.

Situation géographique : Les Roms ne vivent pas dans un pays en particulier. Ils ont commencé à migrer en Europe au début du XVe siècle, et représentent aujourd’hui la plus grosse minorité ethnique d'Europe, avec une population variant de 10 à 12 millions d’individus. L'Espagne est le pays de l'Europe de l'Ouest qui accueille la plus grosse communauté de Roms. C'est aussi l'un des rares à lui avoir donné le statut de minorité nationale. Il y aurait également plus d’un million de Roms aux Etats-Unis, et entre 30 000 et 50 000 au Canada, la plupart à Toronto, mais aucun au Québec.

Famille de langues : Le romani est une langue indo-européenne de la branche indo-iranienne. Dérivée de parlers populaires proches du sanskrit, elle possède de nombreux éléments de base en commun avec le Hindi et les langues du nord de l’Inde, comme le Rajasthani. Cependant, le mouvement migratoire des Roms a produit de nombreuses variantes régionales, influencées par les diverses langues environnantes.

Langues : Le romani se divise en trois grands groupes :
- la « branche atlantique », aujourd'hui réduite à quelques dizaines de mots utilisés par les Kalé et les Romanichels,
- les parlers sinto-manouches, plus proches du « romani commun », avec des emprunts importants aux langues germaniques et baltes,
- enfin, le troisième groupe, dont la forme la plus connue est le kelderàri, s'est formé à partir des parlers sinto-manouches et d’emprunts au roumain, à d'autres langues des Balkans, et aux langues slaves.

Il existe également des dialectes mixtes, regroupés sous l'appellation de « pararomani », qui ne sont pas d'origine romani, mais comportent un nombre important d'apports romanis : c'est le cas de l'anglo-romani (Royaume-Uni), du scandoromani (Suède et Norvège), du caló (Espagne, Portugal, Amérique latine), du sinto italien, du manouche (Allemagne), etc.

Source :
http://www.academia.edu/2320894/R%C3%A9alit%C3%A9s_tsiganes_m%C3%A9connaissance_et_d%C3%A9sint%C3%A9r%C3%AAt_en_Am%C3%A9rique_du_Nord

Drapeau: 
Drapeau rom

Nous avons choisi d'enregistrer le conte dans une ou deux langues parlées dans le pays de collecte.

Les langues citées ci-dessous ne sont pas représentatives de l'ensemble des langues parlées dans ce pays. Il s'agit des langues dans lesquelles le conte a été enregistré. Si vous souhaitez découvrir les autres langues parlées dans le pays de collecte du conte, consultez l'onglet "Le pays".

Le français

Famille de langues : Le français est une langue romane de la famille des langues indo-européennes.

Pour en savoir plus sur la famille des langues indo-européennes, (site du programme Sorosoro) : http://www.sorosoro.org/famille-des-langues-indo-europeennes

Nombre de locuteurs : 200 millions de locuteurs.

Pays : Le français est la langue officielle de la France et de nombreux autres pays : en Afrique et en Océanie mais aussi aux Antilles et aux Etats-Unis.

Origine : Le français est issu des formes orales et populaires du latin, il est aussi influencé par le Gaulois et par le Francique des Francs. Le français provient de la langue d’oïl, langue parlée dans la moitié nord de la France au Moyen Âge et langue dominante de la littérature entre le XIVe siècle et le XVIe siècle.

Expansion : Le français s’est répandu proportionnellement aux progrès de l’administration et de la justice royale en France. Le français et sa structure grammaticale s’est cristallisé au XVIIe siècle autour du dialecte de l’Ile de France et ce au détriment les autres parlers régionaux.

Qu’est-ce que la francophonie ? Apparu à la fin du XIXe siècle, le terme « francophonie » désigne l’ensemble des personnes et des pays utilisant le français. Un pays francophone est un pays qui utilise entièrement ou partiellement le français.

Nouka Maximoff

Conteuse rom

Nouka Maximoff

Nouka tire ses contes de ses origines roms et de l'histoire de son peuple.

De son histoire familiale, de son enfance vécue entre nomadisme et sédentarité et de ses lectures, notamment les livres de son père, l'écrivain Matéo Maximoff, Nouka extrait une mémoire faite de paroles, d'imaginaire et de souvenirs divers.

Des souvenirs qui rejaillissent à travers des contes qu'elle prend plaisir à partager avec les enfants et les parents, dans les écoles, les bibliothèques, les centres culturels ou encore les festivals.

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